rencontre avec un passionné de l'étang de Thau

Bruno Gabarron a donné rendez-vous aux membres de Saint Jean Environnement pour leur faire découvrir un vrai métier, celui d’ostréiculteur. Il fait partie des 200 producteurs « du Mourre Blanc » zone située à Mèze. Il nous a embarqués pour deux heures de découvertes au milieu des tables de l’étang de Thau.


 Il se procure les naissains d’huitres sur la côte Atlantique, les installe dans des « lanternes » (paniers à fines mailles) pour les faire grossir puis les transfèrent dans des « pearlnets » (paniers pyramidaux à mailles un peu plus grosses).Au bout de cinq à six mois, les petites huitres sont ensuite collées dos à dos à l’aide de ciment par grappe de trois le long de cordes qui seront suspendues aux tables ostréicoles implantées dans l’étang.Les huitres atteindront une taille commercialisable environ 12 mois plus tard mais il faudra encore les décoller et les remettre en poche (sacs) quelques temps.Ensuite, les huitres passeront dans des bassins d’épuration avant d’être vendues.

 

Une surveillance quotidienne : Bruno Gabarron surveille ces huitres au quotidien en vérifiant la température de l’eau et leur développement. Tous les jours, l’ostréiculteur analyse l’eau et chaque 15jours, un laboratoire vérifie l’eau et les coquillages. Tous les 3 mois, un vétérinaire passe pour vérifier l’état des huitres

 

Des inquiétudes apparaissent : Les huitres meurent par dizaine, chaque jour. Le virus herpès et le vibrio attaquent les naissains. L’ostréiculteur perd dorénavant plus de la moitié de sa production.

 

Que faire ? quelques pistes sont exploitées, en premier, l’exondage qui est une manipulation pour sortir régulièrement les coquillages de l’eau. En second, il faudrait essayer de changer la provenance des naissains et rechercher des naissains encore naturels. Une méthode consiste à laisser des coquilles vides pendant la période de reproduction afin que les petites huitres s’y accrochent naturellement. On pourrait aussi se procurer au Chili des naissains plus robustes mais la mise en place du protocole de commercialisation est complexe. Il y a enfin l’idée d’alternance d’huitres et moules, le long des cordes car les moules filtrent davantage l’eau.

 

La profession se mobilise car il y urgence et il faut réagir pour pérenniser l'avenir.

 

 Il faut savoir que 750 producteurs vivent de cette production et que nombre d'entre eux abandonnent. C'est pourtant un patrimoine gastronomique essentiel de notre département. 

 

Cette visite nous a permis de réaliser combien l’ostréiculture demande une vigilance continue et des manipulations récurrentes. Il ne faut pas oublier un aspect convivial de la profession qui reste le contact avec le client. Bruno Gabarron nous a démontré combien il avait la passion de transmettre son savoir faire en répondant à toutes nos questions.


Nous remercions vivement Bruno Gabarron que vous pouvez rencontrer à son stand de vente les vendredis et samedis soirs ainsi que les dimanches matins à Saint Jean de Védas au bord de la 613 au niveau de la petite zone commerciale.