Visite de Maera le 7 avril 2022

La visite fut guidée par M. Sébastien RANC médiateur du CPIE-APIEU.

La station d'épuration Maera est située sur le site de la Céreirède au bord du Lez à Lattes.

Cette station, utilisée par 19 communes dont st Jean de Védas, traite les eaux usés de 470 OOO habitants soit 130 millions de litres d'eaux par jour avant de les rejeter au large de Palavas via 20 km de canalisation.

En 2005, Georges Frêche, président de Montpellier agglomération, choisit ce prénom Maéra pour rebaptiser l’ex-station d’épuration Céreirède rénovée et modernisée entre 2002 et 2006.

La station d'épuration Maera, mise en service en 2006, traite les eaux usées domestiques de 19 communes :  Montpellier, Castries Juvignac, Castelnau-le-Lez, Saint-Jean-de-Védas, Grabels, Clapiers, Montferrier-sur-Lez, Prades-le-Lez, Jacou, Le Crès, Vendargues, Lattes, Pérols, Assas, Teyran, Saint Aunès*, Mauguio-Carnon, Palavas, soit 380 000 habitants avec la possibilité d’une capacité de 470 000 habitants  auxquelles s'ajoutent les eaux pluviales du centre de Montpellier (Écusson) qui ne sont pas dissociées dans le réseau. Elle traite 120 Millions de litres/jour (1500 litres/seconde traitées et en parallèle rejetées en mer après traitement à 11km de la plage au niveau de Palavas.)

L’équipe de la station Maera se compose de 15 personnes : électromécaniciens, agents de maintenance, laborantins (pour la traçabilité des boues et la filière eau), automaticien (désodorisation, process H2S), directeur et agents d’exploitation sous la gouvernance de Véolia.

À Maera, les particules nocives sont éliminées à 95 %Un très bon résultat comparé aux autres stations d’épuration, puisqu’en France, le taux de rendement de dépollution est plutôt autour de 85 %. Si Maera est si performante, c’est grâce à la biofiltration.

Aujourd’hui la station a un bilan blanc (l’énergie achetée par l’usine est égale à celle qui en sort. Dans le futur projet, elle deviendra également une usine à énergie positive.

 

LE FONCTIONNEMENT ACTUEL.

Via le réseau d’assainissement, les eaux usées cheminent jusqu’à Maera. Les pollutions qu’elles contiennent sont classées en trois types :

      Les pollutions grossières : les plus volumineuses. Ex : le papier toilette, les lingettes… formant des « filasses ».

      Les pollutions particulaires : matière en suspension organique et minérale.

      Les pollutions dissoutes : dégradables par des bactéries aérobies.

Au fur et à mesure de leur trajet dans la station, les eaux usées de la métropole vont être débarrassées de toutes leurs pollutions. Elles vont tout d’abord être “prétraitées”.

Les étapes du pré-traitement :

      Le dégrillage grossier avec des mailles de grilles de 5 cm. Tout ce qui est plus gros ne passe pas et sera traité par enfouissement ou incinération à Evolia Nîmes.

      Le relevage et le dégrillage : les mailles sont de 6 mm. Idem, les résidus filtrés par les grilles partiront à Evolia.

      Le dessablage et le déshuilage : l’eau est acheminée dans 4 grands bassins où il y a des chariots mobiles équipés de racleurs en surface et au fond pour les sables. Les sables sont raclés. Ils seront traités par Evolia. Le sable trop contaminé sera brûlé avec les refus de dégrillage.

Le étapes du traitement :

Une fois débarrassées des polluants les plus grossiers, les eaux vont peu à peu être délestées du reste de leurs particules polluantes (particulaires et dissoutes). 

      Les traitements à fortes charges :

o   La phase biologique.

o   La phase physico-chimique : cette étape va séparer l’eau de ses polluants qui vont former des boues.

      Le traitement des boues :

Les épaississeurs : les boues vont y être épaissies puis digérées. Elles pourront être utilisées comme engrais en agriculture.  La fermentation va produire du biogaz (75 % de méthane valorisé pour chauffer ou être transformé en électricité.

      Ultime étape : la bio filtration :

Elle se déroule sur des bio filtres remplis de billes de polystyrène. À l’issue de la décantation, l’eau va être envoyée sur ces billes qui agissent comme des filtres biologiques : en surface des billes, il y a des bactéries qui se développent et vont dégrader la matière organique.

Au bout de 24 heures, les biostyrs seront nettoyés (à l’aide d’eau sur pressée). L’eau bio filtrée va ensuite rejoindre l’émissaire et parcourir 20 km jusqu’à la Méditerranée, dont 11 km sous la mer.

Des bouées jaunes signalent l’endroit du rejet. “Des études réalisées par l’Ifremer en 2017 attestent qu’il n’y a pas plus de polluants à la sortie du rejet que partout ailleurs en mer Méditerranée ».

Ça sent mauvais ou pas une station d’épuration ?

Selon notre guide tout est sous contrôle grâce au process de désodorisation. Quant au nuage d’hydrogène sulfuré (H2S) qui flotte au-dessus de la station, il précise qu'une vingtaine de capteurs sont répartis au sein et autour de la station. Une modélisation du nuage d’odeur permet de faire des prévisions en fonction de la météo et de neutraliser l’H2S si nécessaire. De la même manière, la qualité de l’eau en station est analysée avant d’être rejetée, et la siccité (% de matière sèche) de la boue est contrôlée 2 fois par semaine.

La désodorisation : système en 3 tours : la 1re, l’air est lavé à l’acide chlorhydrique (odeur de poisson pourri) ; dans la 2e, elle l’est avec de la soude (odeur d’œuf pourri) ; dans la 3e, avec de l’eau de javel (odeur de chou).

Problème en cas de fort orage !

Le prétraitement et le traitement des eaux usées actuels correspondent au fonctionnement “classique” de la station. En cas de fortes pluies, il peut exister une saturation car une partie du vieux Montpellier possède un réseau unitaire : les eaux usées domestiques et pluviales y sont mélangées. Donc, quand il pleut en centre-ville, ça impacte le débit arrivant à Maera.

Jusqu’à 1,5 m3/seconde, pas de problème. Les eaux suivront le prétraitement puis le traitement biologique. S’il pleut jusqu’à 3 m3/seconde, les eaux rejoindront les bassins de stockage de 25 000 m3. “Si la pluie s’arrête, le contenu de ces bassins sera envoyé en tête de station et vidé doucement. Quand les bassins de stockage sont pleins, les 4 décanteurs vont marcher à vive allure. La station est alors à plein régime » Au-delà de 4 m3/seconde, lors d’un épisode Cévenol par exemple, “sa capacité de traitement atteint ses limites ” Les déversoirs d’orage du réseau unitaire vont alors directement rejeter le trop-plein d’effluents dans le lez, sans passer par Maera. Une situation qui ne devrait plus se produire après les futurs travaux de 2023.

L'eau ainsi nettoyée sera évacuée au-delà de Palavas par son émissaire de 20 km de long, dont une portion souterraine de 4,8 km, une portion lagunaire de 4,3 km et une portion marine de 11 km.

 

UN PROJET D'AMÉNAGEMENT À PARTIR de 2023

Pour répondre aux nouveaux enjeux de développement durable et accompagner le développement du territoire (c’est-à-dire traiter les eaux usées de 660 000 habitants), Montpellier Méditerranée Métropole engage un projet concerté de modernisation de Maera, d'un budget de 109 M€ HT à l'horizon 2023 (des travaux qui vont durer 8ans). Il s’agit de rendre la station à énergie positive, dotée des moyens d'une station « zéro nuisance » et autosuffisante. 3 enjeux :

      Protéger les milieux naturels en limitant l'empreinte environnementale par temps de pluie : il est prévu de supprimer tous les déversements au Lez pour des pluies courantes, inférieures à la pluie de fréquence mensuelle.

      Optimiser le fonctionnement de Maera pour répondre à l'objectif « zéro nuisance » pour l'environnement immédiat du site : les ouvrages les plus anciens seront supprimés et l'ensemble des ouvrages de la station seront couverts et désodorisés.

      Valoriser l'énergie des eaux usées pour faire de Maera, une station à énergie positive : le projet prévoit de valoriser le carbone organique contenu dans l'eau sous forme de biogaz.

      Rationaliser et pérenniser la filière de traitement des boues en créant une filière de traitement complète : la station Maera modernisée comprendra une filière de traitement complet des boues afin de réduire les quantités à évacuer.

 

Remarque : il n'y a pas de nettoyage 

des métaux lourds et la présence de lingettes dans le circuit posent des problèmes d'entretien.